J'ai longtemps défendu le fait d'habiter à Paris auprès des nombreux ploucs (comprendre provinciaux) qui s'étonnaient que l'on puisse choisir de s'installer dans une ville "stressante, polluée, etc.."
J'ai vanté sans relâche les mérites de la capitale à l'aide d'une mauvaise foi savamment cultivée pendant un temps, essentiellement parce qu'il m'était insupportable d'entendre ces paysans me narrer les bienfaits de la vie en province, où tout est beau, proche de la nature, calme et relaxant.
D'autre part, je ne nie pas avoir été un tantinet jaloux de les voir se payer des maisons à deux étages pour le même prix que mon 40 mètres carrés parisien.
Et puis l'âge aidant (bientôt 28 ans, la retraite est proche), j'ai changé mon fusil d'épaule. D'abord parce que Paris a quand même beaucoup changé, en mal. Entre l'avènement des Vélib', des Prides en toutes sortes, du prix de l'immobilier, de la faune banlieusarde qui vient pourrir la soirée des autres dans des quartiers jusque là épargnés, les vieux et leurs clébards qui chient partout, je me dis que mon coin de cambrousse paumé dans le trou du cul de la France, où les bobos à vélo n'essaieront pas de me renverser sur le trottoir, où les jeunes-défavorisés-par-une-société-xénophobe-et hostile-à-la-diversité ne viennent pas te mettre une mandale pour une clope refusée, et où le plus proche voisin se trouverait à quelques kilomètres, je commence à en rêver.
De toutes façons, tout ce qui m'intéressait à Paris a disparu. Les nuits endiablées à faire la tournée des bars ont pris fin le jour où on m'a interdit d'y cloper (sans compter le prix des consommations), les rares disquaires sympa ont fermé pour laisser place à des boutiques de téléphone portables pour jeunes décérébrés adeptes de RnB , je connais les monuments par coeur, les concerts sont bien plus agréables à regarder du fond de son canapé après quelques heures de téléchargement, même chose pour le cinéma, et on ne peut plus aller au Parc des Princes, dernier défouloir encore à peu près toléré jusqu'à il y a peu sans être soupçonné d'incitation à la haine envers les chtis.
Passons sur le fait que je ne pourrai rien acheter de supérieur à 50 mètres carrés à moins de m'endetter sur trois générations ou d'aller m'exiler dans une banlieue de merde qui, vu ma chance sera à coup sur gérée par un maire communiste. Et ça, c'est au dessus de mes forces.
En fait, seules deux choses me retiennent à Paris: la situation de plein emploi dans mon secteur professionnel, ce qui m'a permis de me faire plein de pognon pour consommer comme un goret et de démissionner l'esprit libre à la moindre insatisfaction, plus les quelques personnes qui constituent ma garde rapprochée d'amis, qui y habitent encore.
Je dédie donc ce billet à tous les bouseux avec lesquels j'ai usé des arguments les plus fallacieux pour ne pas perdre la face, je serai probablement bientôt des votres.
Fini l'argument bidon sur l'accès à la culture, le dynamisme de la ville, les pubs du Vème ouverts tard, et tout le reste! Adieu stress de la ville, Xanax et Deroxat, à moi l'air pur de la campagne et la douce odeur du purin!
J'ai vanté sans relâche les mérites de la capitale à l'aide d'une mauvaise foi savamment cultivée pendant un temps, essentiellement parce qu'il m'était insupportable d'entendre ces paysans me narrer les bienfaits de la vie en province, où tout est beau, proche de la nature, calme et relaxant.
D'autre part, je ne nie pas avoir été un tantinet jaloux de les voir se payer des maisons à deux étages pour le même prix que mon 40 mètres carrés parisien.
Et puis l'âge aidant (bientôt 28 ans, la retraite est proche), j'ai changé mon fusil d'épaule. D'abord parce que Paris a quand même beaucoup changé, en mal. Entre l'avènement des Vélib', des Prides en toutes sortes, du prix de l'immobilier, de la faune banlieusarde qui vient pourrir la soirée des autres dans des quartiers jusque là épargnés, les vieux et leurs clébards qui chient partout, je me dis que mon coin de cambrousse paumé dans le trou du cul de la France, où les bobos à vélo n'essaieront pas de me renverser sur le trottoir, où les jeunes-défavorisés-par-une-société-xénophobe-et hostile-à-la-diversité ne viennent pas te mettre une mandale pour une clope refusée, et où le plus proche voisin se trouverait à quelques kilomètres, je commence à en rêver.
De toutes façons, tout ce qui m'intéressait à Paris a disparu. Les nuits endiablées à faire la tournée des bars ont pris fin le jour où on m'a interdit d'y cloper (sans compter le prix des consommations), les rares disquaires sympa ont fermé pour laisser place à des boutiques de téléphone portables pour jeunes décérébrés adeptes de RnB , je connais les monuments par coeur, les concerts sont bien plus agréables à regarder du fond de son canapé après quelques heures de téléchargement, même chose pour le cinéma, et on ne peut plus aller au Parc des Princes, dernier défouloir encore à peu près toléré jusqu'à il y a peu sans être soupçonné d'incitation à la haine envers les chtis.
Passons sur le fait que je ne pourrai rien acheter de supérieur à 50 mètres carrés à moins de m'endetter sur trois générations ou d'aller m'exiler dans une banlieue de merde qui, vu ma chance sera à coup sur gérée par un maire communiste. Et ça, c'est au dessus de mes forces.
En fait, seules deux choses me retiennent à Paris: la situation de plein emploi dans mon secteur professionnel, ce qui m'a permis de me faire plein de pognon pour consommer comme un goret et de démissionner l'esprit libre à la moindre insatisfaction, plus les quelques personnes qui constituent ma garde rapprochée d'amis, qui y habitent encore.
Je dédie donc ce billet à tous les bouseux avec lesquels j'ai usé des arguments les plus fallacieux pour ne pas perdre la face, je serai probablement bientôt des votres.
Fini l'argument bidon sur l'accès à la culture, le dynamisme de la ville, les pubs du Vème ouverts tard, et tout le reste! Adieu stress de la ville, Xanax et Deroxat, à moi l'air pur de la campagne et la douce odeur du purin!
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